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Le Lycée Airbus au cœur
de l’usine de St Eloi,
élue usine de l’année 2011
L’édition 2011 du Trophée des usines, organisée par "L’Usine Nouvelle"
et l’Insead, récompense deux sites industriels.
Ils ont, chacun à leur manière, tiré parti de leurs contraintes pour
améliorer leurs performances.
Oui, il y a encore de belles usines en France ! Des usines qui cherchent à s’améliorer chaque jour, à être toujours plus performantes. Et ce, en dépit de contraintes environnementales, de localisation compliquée, d’objectifs ambitieux en termes de productivité et de compétitivité. C’est en tout cas ce que prouve la dix-septième édition de notre Trophée des usines, organisée par "L’Usine Nouvelle" et l’Insead. Que ce soit l’usine Saint Eloi d’Airbus, l’usine de l’année 2011, ou son dauphin le Timax, un fabricant breton d’engrais, tous deux ont su démontrer qu’ils savaient faire fi des obstacles, non pour les contourner mais pour les transformer en atouts.
Construite il y a quatre-vingt-dix ans, aujourd’hui encerclée de bâtiments, comme assiégée en plein cœur de Toulouse, l’usine Airbus n’avait plus d’espace à grignoter. Impossible de prendre ses aises ou de s’étendre, ne serait-ce qu’un tout petit peu. Difficile, dans ce contexte, d’accueillir de nouvelles productions… D’ailleurs, en 2007, des rumeurs avaient placé le site sur la liste noire des usines à vendre dans le cadre du plan de restructuration Power 8. Mais les efforts consentis en matière d’organisation industrielle, de productivité, la chasse systématique à tout gaspillage, ont transformé l’atelier nonagénaire en un site ultra-performant. Il s’est imposé comme un maillon indispensable dans le dispositif industriel de l’avionneur. L’opération a réussi, au prix d’un investissement humain à tous les niveaux, des hauts gradés aux compagnons en bord de chaîne. "On sent une forte implication des salariés. Ils appliquent les principes du lean en connaissance de cause", souligne Stephen Chick, professeur à l’Insead et membre du jury.
L’installation d’une "moving line" inspirée du secteur automobile ou la mise en place d’une "lean room" ont donc étonné le jury. Une impression positive, corroborée par les chiffres de la performance : toutes les actions mises en place ont permis de gagner 20 % sur les temps de cycle.